La Canonica di San Vincenti

Le domaine

Deux mille ans d’histoire, et cinq ans de restauration patiente.

Le hameau de San Vincenti parmi les collines boisées du Chianti, des vignes au premier plan
San Vincenti dans son paysage

Où c’est

San Vincenti se trouve à 520 mètres sur le flanc du Monte Luco, entre les sources des ruisseaux Ambra et Ambrella, dans la commune de Gaiole in Chianti, l’un des cœurs historiques du Chianti Classico. Le dernier tronçon du trajet emprunte une strada bianca toscane typique, une route de gravier blanc à travers chênaies et vignes. Quand le moteur s’arrête, on n’entend plus que le vent et les oiseaux.

Et pourtant rien n’est loin. Sienne est à moins de quarante minutes en voiture ; Florence, San Gimignano, Montalcino et Pienza à un peu plus d’une heure ; Arezzo et Cortone à peu près autant. Radda, Gaiole et Castelnuovo Berardenga, avec leurs osterie, enoteche et domaines viticoles, sont tous à moins d’une demi-heure. Un sentier de randonnée balisé traverse le hameau, et l’on peut louer des vélos électriques et des gravels à Gaiole.

C’est la base idéale pour qui veut voir la Toscane le jour et rentrer au calme le soir.

La longue histoire d’un village du Chianti

D’une villa romaine à une route de pèlerins médiévale : San Vincenti est habité depuis deux mille ans.

San Vincenti est plus ancien que son église. Juste au nord du village, des archéologues ont trouvé la céramique d’une villa romaine qui se dressait ici quand la voie Cassia passait dans la vallée en contrebas. Sur ce sol ancien, au septième siècle, des missionnaires fondèrent une petite église dédiée à saint Vincent pour gagner les colons lombards des collines du Chianti. Un document du 20 juin 715, dans lequel un témoin centenaire se souvient d’avoir vu l’évêque d’Arezzo la consacrer, est la plus ancienne mention écrite du lieu.

Dans les siècles qui suivirent, San Vincenti devint une halte sur la route entre la vallée de l’Ambra et le château de Monteluco, la forteresse florentine sur la colline au-dessus du village. Un hôpital pour pèlerins fut bâti à côté de l’église peu après l’an 1000, et la maison du prêtre, La Canonica, en 1014. Au fil des longues querelles entre Florence et Sienne, la forteresse fut assiégée, rasée et rebâtie ; le village ouvert en contrebas, sans murs à défendre, continua simplement à cultiver la terre.

Le cadastre florentin de 1427 compte ici une centaine d’âmes, qui cultivent blé, orge et épeautre, avec une vigne, une châtaigneraie et quelques troupeaux de moutons. En 1632, le recensement du Grand-Duc enregistre seize foyers, quinze bœufs de trait et 201 moutons. Puis la paix s’installa sur la Toscane, et San Vincenti garda la forme qu’il a aujourd’hui : quelques maisons de pierre dispersées autour de l’église. Une carte du XVIe siècle vous mènerait encore ici.

La famille De Maeseneire

Un père et un fils belges, une colline italienne, et un vin fait avec patience.

La Canonica di San Vincenti est l’œuvre de Patrick De Maeseneire et de son fils Diederich. La famille a eu un coup de cœur pour ce village entre Florence et Sienne en 2009, et c’est une affaire de famille depuis : le père et le fils se partagent le travail, l’assemblage se goûte avec toute la famille, et en cas de dilemme, à la bonne manière italienne, c’est la mamma qui a le dernier mot. Belges de naissance et Toscans par choix, ils ont repris une vigne laissée à elle-même pendant des années, et se sont mis à la ramener, une vendange après l’autre.

Leur ambition est simple à énoncer et lente à atteindre : un vin qui a le goût de l’endroit où il pousse. En pratique, cela veut dire de petits volumes, des raisins choisis pour la qualité plutôt que pour la quantité, et une vigne cultivée sans métaux lourds. Diederich s’est formé pour ce travail et conduit la vigne avec la même philosophie, couverts végétaux compris.

Diederich le dit le mieux : après neuf vendanges, on voyait encore les traces de l’ancien abandon — preuve qu’en pleine nature on ne répare jamais une erreur du jour au lendemain, et que le vin est toujours un projet de longue patience. Cette patience, on la goûte dans le verre, et on la sent quand on séjourne ici.

Ce qu’il y a ici

Cinq lieux composent le domaine. Chacun a sa propre page.